Folie d’enfance: Les portraits compassant des enfants dans les asiles canadiens, 1900-1930

Folie d’enfance: Les portraits compassant des enfants dans les asiles canadiens, 1900-1930

Par Kira A. Smith

Entre 1900 et 1930, à travers tout le Canada, des enfants sont entrés dans des asiles d’aliénés conçus pour les adultes. Des soins leur étaient rarement offerts. Au contraire, les enfants étaient soumis à l’incarcération, l’eugénisme et l’abus institutionnel. L’environnement des asiles était souvent effrayant pour les enfants.

C’est leurs expériences qui sont au cœur de cette exposition. Six histoires d’enfants qui révèlent comment les soins qu’ils ont reçus ont été influencés par le contexte socio-politique.

Se retrouvant peu dans les archives médicales, les expériences de ces enfants sont longtemps restées inconnues des historien.nes. Toutefois, nous avons été capables de retrouver leurs traces et de donner à voir, à travers des portraits, des vignettes fictives et de l’information contextuelle, leurs expériences personnelles. Cela a notamment été permis par l’intégration de l’art dans cette histoire, formant ainsi une nouvelle approche qui cherche à mieux comprendre les enfants et les soins.

 


 

Les asiles en contexte

Les dix-neuvième et vingtième siècles ont vu émerger une vague de politiciens et de professionnels militant pour la création d’asiles à travers le Canada. Cette carte fournit les histoires des origines pour les plusieurs asiles canadiens. Elle décrit aussi les liens de ces institutions avec la colonisation de peuplement.

 

 


 

Les enfants en milieu psychiatrique étaient soumis à un retrait de la société. Ce retrait était souvent déclenché en raison de comportements indésirables ou de contextes familiaux défavorisés. Cela impliquait les enfants illégitimes et les orphelins. Les comportements et les origines qui étaient considérés « anormaux » faisaient partie des discours sur l’eugénisme et la normalité de l’époque. Les soins psychiatriques étaient informés par les systèmes de pouvoir existants.

Par exemple, les enfants étaient soumis à la pseudo-science eugénique. Cela incluait l’utilisation de descriptions visuelles et de mesures comme signes de « dégénérescence. » Stanislav, treize ans, admis à l’asile Brandon en 1927, a ainsi été le sujet d’un examen physique qui a enregistré ces résultats. À treize ans, les médecins ont conclu qu’il était faible d’esprit. La pauvreté et le diagnostic de Stanislav l’ont rendu éligible pour une incarcération permanente.

 

La colonisation est la pierre de fondation du développement de l’État canadien. Cela inclut la création et le développement des soins psychiatriques. La fondation des asiles faisait partie de la spoliation des terres et de l’éradication des connaissances autochtones.

Qui plus est, pour les enfants autochtones, les asiles servaient de site d’incarcération et de génocide. John, quinze ans, a été admis au New Westminster Insane Asylum en 1914. Auparavant, il avait été incarcéré dans un pensionnat autochtone. John a passé le reste de sa vie en internement.

Des décennies après son enterrement, sa pierre tombale a été retirée. La destruction des sépultures reflétait la déshumanisation des Autochtones et des personnes atteintes de troubles de santé mentale. On retrouve aussi cela dans la tendance à enterrer les enfants dans des tombes sans épitaphe.

 

La position sociale des enfants changeait la manière dont ils étaient pathologisés. Certains enfants n’étaient pas considérés comme appartenant à cette catégorie universelle de l’enfance qui devait leur apporter de la protection. Par exemple, la même valeur n’était pas accordée aux enfants handicapés et racialisés. Le modèle traditionnel de l’enfant a été construit avec des critères de capacité, de classe, de genre et de race en tête.

En 1907, Ella a été admise à New Westminster à l’âge de quatorze ans. Elle a été traitée avec une indifférence alimentée par le racisme. La suprématie blanche signifiait que la peau noire d’Ella la disqualifiait de la catégorie universelle de l’enfance. Sa catégorisation comme violente et hystérique doit dès lors être lue avec beaucoup de scepticisme. Les accusations faites par Ella de violence de la part du personnel étaient rejetées d’emblée et elle a été déportée sans suivre la procédure judiciaire établie. Ella a reçu peu de sollicitude.

 


 

Each of these themes reminds us that the history of mental health care reflects contemporary culture and politics. For children who were disabled and poor, they were often excluded from the category of childhood innocence. Those deemed mad were further marginalized from the category of childhood. As such, access to care varied.

 


 

Chacun de ces thèmes nous rappelle que l’histoire des soins de santé mentale reflète la culture contemporaine et la politique. Dans le cas des enfants qui étaient handicapés ou pauvres, ils étaient souvent exclus de la catégorie de l’innocence associée habituellement à l’enfance. Ceux qui étaient considérés « fous » se retrouvaient mis à l’écart du modèle traditionnel de l’enfant. Dans ce contexte, l’accès aux soins variait grandement.