Bertha, L’Hôpital Falconwood, 1914

Âge 14

Dates d’admission: Juillet 1914 à Septembre 1915

Une illustration représentant une jeune fille blanche avec une longue tresse noire. Elle porte un haut blanc et a le regard baissé. L'arrière-plan est composé d'un mélange de rayures rouges et noires. La jeune fille semble triste.
Portrait de Bertha par Maia Weintrager (2025).

 

 

Les pieds nus de Bertha frappaient le plancher de bois franc d’un bruit sourd et répétitif. Ses yeux étaient larmoyants. Elle portait une chemise crème à haut col et une longue jupe brune qui l’empêchait de se déplacer rapidement. Sa longue tresse noire rebondissait sur son dos. Alors qu’elle traversait le long couloir de portes blanches, Bertha retint un sanglot. Elle se précipita dans une petite chambre avec six lits de chaque côté. Elle se jeta sur le premier lit. Bertha commença à pleurer. Ses gémissements sourds devenaient de plus en plus bruyants. Jusqu’à ce que Bertha ne gémisse entre ses pleurs qu’elle voulait se suicider, qu’elle allait prendre un poison et qu’elle allait en finir.

Les pleurs de Bertha furent momentanément interrompus alors qu’une figure drapée de blanc entra dans la pièce. C’était l’une des infirmières. Bertha releva sa tête de l’oreiller. L’infirmière secoua la tête et lui dit, « Arrête tes bêtises—tu n’as aucune raison d’être triste. Ta vie vaut la peine d’être vécue. » Bertha replongea sa tête contre l’oreiller et pleura encore plus fort. Les employés ne la comprenaient pas; ils répétaient encore et encore qu’elle exagérait. Être dans cet asile la faisait se sentir si vulnérable, et pourtant comme aujourd’hui, elle se sentait aussi complètement incomprise.


 

Contexte institutionnel et traitement

Cette photo montre une petite salle d'hospitalisation comprenant huit lits. Un banc est placé devant une fenêtre au fond de la pièce. Une infirmière, coiffée d'une coiffe blanche et vêtue d'un tablier, se tient debout entre les lits.
Cette image est celle d’une petite unité de patients avec huit lits visibles. En raison du surpeuplement à l’Hôpital Falconwood, les lits auraient été poussés plus près les uns des autres pour permettre d’accueillir plus de patients. Il est possible, compte tenu de l’espace entre les lits, que certains d’entre eux aient été retirés pour cette photographie et qu’au maximum 12 individus vivaient dans cette chambre. Courtoisie du Bureau des archives et des documents publics de l’Île-du-Prince-Édouard.

 

 

 

En juin 1914, Bertha, quatorze ans, a été admise à l’Hôpital Falconwood, récemment renommé, à Charlottetown sur l’Île-du-Prince-Édouard. Elle était la seule enfant admise cette année-là et elle s’est retrouvée dans une unité remplie de femmes beaucoup plus âgées. Le paysage idyllique et le bâtiment étaient supposés créer la base du traitement moral, mais presque aucun asile au Canada ne pouvait maintenir leurs installations entre les demandes d’admission et les fonds limités qui leur étaient accessibles.

Le traitement moral était le principe directeur des soins. Son but était d’améliorer l’humanité du traitement permettant de ramener les patients à la raison. Les médecins étaient censés avoir une connexion individuelle avec les patients, l’hôpital devait être conçu pour être un lieu agréable avec une population relativement petite. Malgré tout cela, l’institution souffrait de surpeuplement, d’un besoin constant de réparations compte tenu du manque de fonds et d’employés formés de manière inadéquate, ce qui veut dire que le projet originel ne s’est jamais réalisé.

 

Bertha, L’Hôpital Falconwood, 1914

 

Âge 14

Dates d’admission: Juillet 1914 à Septembre 1915

Une illustration représentant une jeune fille blanche avec une longue tresse noire. Elle porte un haut blanc et a le regard baissé. L'arrière-plan est composé d'un mélange de rayures rouges et noires. La jeune fille semble triste.
Portrait de Bertha par Maia Weintrager (2025).

 

 

Les pieds nus de Bertha frappaient le plancher de bois franc d’un bruit sourd et répétitif. Ses yeux étaient larmoyants. Elle portait une chemise crème à haut col et une longue jupe brune qui l’empêchait de se déplacer rapidement. Sa longue tresse noire rebondissait sur son dos. Alors qu’elle traversait le long couloir de portes blanches, Bertha retint un sanglot. Elle se précipita dans une petite chambre avec six lits de chaque côté. Elle se jeta sur le premier lit. Bertha commença à pleurer. Ses gémissements sourds devenaient de plus en plus bruyants. Jusqu’à ce que Bertha ne gémisse entre ses pleurs qu’elle voulait se suicider, qu’elle allait prendre un poison et qu’elle allait en finir.

Les pleurs de Bertha furent momentanément interrompus alors qu’une figure drapée de blanc entra dans la pièce. C’était l’une des infirmières. Bertha releva sa tête de l’oreiller. L’infirmière secoua la tête et lui dit, « Arrête tes bêtises—tu n’as aucune raison d’être triste. Ta vie vaut la peine d’être vécue. » Bertha replongea sa tête contre l’oreiller et pleura encore plus fort. Les employés ne la comprenaient pas; ils répétaient encore et encore qu’elle exagérait. Être dans cet asile la faisait se sentir si vulnérable, et pourtant comme aujourd’hui, elle se sentait aussi complètement incomprise.


 

Contexte institutionnel et traitement

Cette photo montre une petite salle d'hospitalisation comprenant huit lits. Un banc est placé devant une fenêtre au fond de la pièce. Une infirmière, coiffée d'une coiffe blanche et vêtue d'un tablier, se tient debout entre les lits.
Cette image est celle d’une petite unité de patients avec huit lits visibles. En raison du surpeuplement à l’Hôpital Falconwood, les lits auraient été poussés plus près les uns des autres pour permettre d’accueillir plus de patients. Il est possible, compte tenu de l’espace entre les lits, que certains d’entre eux aient été retirés pour cette photographie et qu’au maximum 12 individus vivaient dans cette chambre. Courtoisie du Bureau des archives et des documents publics de l’Île-du-Prince-Édouard.

 

 

 

En juin 1914, Bertha, quatorze ans, a été admise à l’Hôpital Falconwood, récemment renommé, à Charlottetown sur l’Île-du-Prince-Édouard. Elle était la seule enfant admise cette année-là et elle s’est retrouvée dans une unité remplie de femmes beaucoup plus âgées. Le paysage idyllique et le bâtiment étaient supposés créer la base du traitement moral, mais presque aucun asile au Canada ne pouvait maintenir leurs installations entre les demandes d’admission et les fonds limités qui leur étaient accessibles.

Le traitement moral était le principe directeur des soins. Son but était d’améliorer l’humanité du traitement permettant de ramener les patients à la raison. Les médecins étaient censés avoir une connexion individuelle avec les patients, l’hôpital devait être conçu pour être un lieu agréable avec une population relativement petite. Malgré tout cela, l’institution souffrait de surpeuplement, d’un besoin constant de réparations compte tenu du manque de fonds et d’employés formés de manière inadéquate, ce qui veut dire que le projet originel ne s’est jamais réalisé.